Critiques

l'express Tudor Banus --- roumain, ce peintre illustrateur allie une fantaisie extraordinaire à un foisonnement typiquement baroque, donnant naissance à un délire fantastique original : Dürer revu et corrigé par les surréalistes.
L'Express

The New York Times Tudor Banus a deux qualités qui sont rarement réunies dans la même personne, celle du talent et de l'intellect. Il est capable de satisfaire à la fois l'exigence esthétique et intellectuelle. Il est un très important artiste contemporain.
The New York Times

Tudor Banus nous montre des gravures, des dessins et des peintures dans un étrange coloris de vieux cuir, de nèfles et de marrons glacés. Tout cela a, dès à présent, une odeur de musée, de chef-d'oeuvre retrouvé, de cabinet de magicien, et d'antre d'alchimiste. Il y a là une sorte de délire contrôlé;, une perfection du dessin qui défie la critique, un délire de dérision qui s'exprime par des situations cocasses. Son art insolite et fantastique s'appuie sur un réalisme exigeant et ne cesse de nous occuper le souvenir.
La Libre Belgique

Les lecteurs de Marianne ne sont pas les seuls à s'attarder aux illustrations très fouillées de Tudor Banus. Ceux du Monde, de l'Express, du Point, du New York Times, de Die Zeit sont aussi frappés par ses dessins au trait acide et aux couleurs chaudes, qui donnent toujours un arrière-plan étrange, baroque, inquiétant aux événements et figures d'actualité. Ce qui fait qu'avec Tudor Banus, l'actualité n'est plus seulement d'actualité. C'est que notre illustrateur est avant tout un peintre, comme on peut s'en aviser à l'occasion de cette exposition. Un peintre très bien formé aux subtilités de son art et qui, pouvant tout faire de sa main, du plus précis au plus planant, nous rappelle qu'on ne voit bien l'ici et maintenant qu'avec l'oeil de l'imagination.
Jean-Philippe Domecq

On connaît depuis longtemps l'illustrateur de presse Tudor Banus, virtuose graphique à l'inventivité époustouflante qui collabore avec les titres les plus prestigieux de la presse internationale (en France, notamment Le Monde). On sait moins que Banus est peintre, peut-être faute d'occasions de voir son travail. En voici une qu'il ne faut absolument pas manquer : l'effet de surprise est garanti. On ne saurait classer cet artiste inclassable, qui mélange les genres, les thèmes et les styles avec une jubilation visible. On ne saurait pas davantage interpréter ces images complexes, saturées, montrant des nus qui n'ont rien d'académique et beaucoup de créatures qui semblent venues tout droit de l'inconscient, à moins qu'il ne s'agisse de réminiscences d'une culture hétéroclite, archaïque et futuriste à la fois, terrifiante aussi bien qu'humoristique. En essayant d'exprimer l'état de sidération dans lequel est inévitablement plongé l'observateur des tableaux de Tudor Banus, je m'aperçois que tout se passe comme si je voulais décrire l'indescriptible Jérôme Bosch. Du peintre du Tryptique du jardin des délices, Banus n'a pas seulement hérité son goût du grouillement formel, mais aussi son pouvoir de transmutation. De l'organique au mécanique, du végétal à l'animal, des passerelles incongrues sont sans cesse jetées. Des concréations minérales insolites poussent chez Banus comme chez Bosch. Visuellement les similitudes sont frappantes, mais philosophiquement elles ne paraissent pas moins troublantes. On parierait que Tudor Banus est un pessimiste qui n'a guère d'illusions quant à l'humanité. Bosch la voyait s'acheminant, sur une charette de foin, vers l'enfer éternel. Tudor Banus l'accompagne dans sa marche vers une inoxérable apocalypse dont, de temps à autre, il a la force de nous faire rire. Ce n'est pas la moindre de ses qualités variées et déconcertantes.
Jean-Luc Chalumeau, critique d'art (février 2005)